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L'Eglise et Hugo Chavez. Le conflit est permanent

par Bernard Tornare 16 Mai 2011, 16:54

La pluspart des vénézuéliens se souviennent que lors du coup d'Etat durant 48 heures en 2002, c'est le cardinal de l'époque, Mgr Ignacio Velasco, qui a demandé à Hugo Chavez de signer sa démission. Car l'Eglise du Venezuela, depuis l'avènement de Chavez,  a toujours été du côté de l'opposition. Comme de par ailleur dans le monde elle s'est toujours rangée du côté des puissances de l'argent et de l'oligarchie locale. La hiérarchie catholique fait donc systématiquement bloc contre le gouvernement socialiste d'Hugo Chávez. Les décisions de ce dernier sont régulièrement dénoncées. Dernièrement la conférence épiscopale s'inquiétait des «actions de l'État pour assumer le contrôle total de la vie des personnes afin de s'éterniser au pouvoir». Là vraiment c'est l'hôpital qui se moque de la charité. Le souvenir du colonialisme ibérique est là pour en témoigner.

Mais sur le terrain, de nombreux prêtres sont témoins des avancées depuis l'arrivée au pouvoir démocratique d'Hugo Chávez, en février 1999 :  Le peuple s'est levé pour étudier. Il bénéficie d'un droit à la santé. Auparavant, le produit intérieur brut (PIB) était important mais pas partagé. Il faut rappeler que le contexte géopolitique est très lié aux États-Unis  et aux milieux néolibéraux qui cherchent à reprendre l'initiative politique dans le pays. Hugo Chávez serait un rempart contre ces risques. De fait, de nombreux prêtres ne se sentent pas en osmose avec les sommets de l'Église véné­zuélienne.

La critique de cette hiérarchie qui cherche son propre intérêt et qui ne se préoccupe pas  des plus pauvres ainsi que le peu d'efforts fait pour investir les barrios est courante au Vénézuela. En outre, cette façon de faire  favorise  l'expansion des évangéliques qui occupent ainsi un espace vide. 

Le chavisme et l'anti-chavisme militants sont donc présents au cœur de l'Église vénézuélienne, au grand dam de bien des fidèles nostalgiques d'une institution unie.

Les réactions du chef d'État contre la hiérarchie catholique sont parfois violentes. L'une d'entre elles demeure dans les esprits. En juillet 2010, Hugo Chávez insultait le cardinal et archevêque de Caracas, Mgr Urosa Savino, souvent en première ligne des critiques contre lui, le traitant «de troglodyte», parce qu'il «essaie de faire peur au peuple en parlant du communisme», avant d'ajouter que le «Venezuela ne mérite pas un tel cardinal». Peu de temps auparavant le cardinal avait déclaré que le «gouvernement s'acheminait vers un projet communiste», autre critique récurrente. On constate que des hauts représentants de l'Eglise catholique vénézuélienne n'hésitent pas à mentir éffrontement en accusant Hugo Chavez de mener son peuple vers le communisme. Hugo Chávez se dit catholique. Jésus-Christ est souvent cité dans ses discours au même titre que Simón Bolivar, le père de l'indépendance vénézuélienne. 

En participant au coup d'Etat en 2002  l'Eglise catholique s'est disqualifiée aux yeux d'Hugo Chavez qui cependant respecte les opinions de chacun. Au Vénézuéla, la démocratie n'est pas un vain mot.

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