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L'Amérique latine en mouvement

par Bernard Tornare 19 Juin 2013, 09:19

A propos de Chavez

Extraits de l'excellent article de Jean-Marie Nier

En Amérique du sud, pas besoin de retracer toute l'Histoire pour se souvenir que ces peuples n'ont eu droit qu'à des dictateurs jusqu'à il n'y a pas si longtemps. Et là où ceux-ci ne règnent plus, les dirigeants élus sont contraints de gouverner sous l’œil acéré des USA qui ne tolèrent pas de dérive "socialiste". Ainsi, la présidente Bachelet n'a pas fait faire au Chili de pas significatif qui aurait permis de rectifier les choix faits par Pinochet. Le Brésil a fait mieux... jusqu'à quand ? Au Venezuela, Chavez a compris qu'il fallait prendre un chemin résolument en faveur des pauvres, et cela de façon irréversible. Pour ce faire, il fallait échapper au mouvement général qui dans le monde privilégie l'essor des élites et des classes moyennes supérieures et qui se produit toujours au détriment des plus faibles considérés comme des bons- à-rien et des feignants. Son arme a été celle du pétrole. J'ai entendu dire partout qu'il « faisait une erreur » car il s'agit là d'une « économie de rente », c'est à dire que, quand il n'y aura plus de pétrole, le Venezuela rira jaune. L'argument est formidable ! Et les amis du Qatar, du Koweit, de l'Arabie saoudite, que font-ils ? À eux, on n'applique pas le reproche de l'économie de rente ! Bizarre raisonnement, non ? Dans ces pays arabes on utilise à fond les revenus du pétrole pour enrichir les classes dirigeantes qui planque dans le monde les fruits du pillage de leur pays auquel ils se livrent. Et cela est admis dans le monde capitaliste entier, où un dirigeant en faveur des pauvres est un dictateur, alors qu'un dirigeant en faveur des riches est un dirigeant respectable, en tous cas respecté, comme le président chinois que Obama cajolait encore ces jours derniers, ou le prince saoudien qui fait une fête dans les locaux du Sénat en France !

Pour revenir à Chavez, son attitude agressive envers le monde capitaliste est facile à comprendre : il a toujours voulu s'opposer aux USA, par stratégie. Quand il a nationalisé le pétrole, il a inversé la donne: avant, les compagnies étrangères prenaient 80% des revenus du pétrole et en laissaient 20% au Venezuela. Chavez a juste inversé les chiffres. Il a failli ne pas réussir car il a été constamment contesté dans sa fonction alors qu'il a été élu plusieurs fois régulièrement (surveillé par le monde entier) ; des manœuvres et tentatives d'assassinat n'avaient pour but que d'empêcher le Venezuela de se doter durablement de ce système pétrolier favorable au peuple. Quand Chavez soutient la Syrie, c'est du même ordre que les positions belliqueuses de la Corée du Nord (qui maintenant parle de concertation), et cela ressemble même à celles de De Gaulle sur le Cambodge ou sur le Québec. Dans tous ces cas, il s'agit de lutte médiatique contre les USA qui monopolisent tout. Dernière nouvelle : les ricains espionnent le monde entier, ils peuvent avoir connaissance de ce que j'écris ici ! Ce n'est pas de la parano ni de l'anti-américanisme, c'est réel, et celui qui a dévoilé le pot-au-roses est en fuite pour préserver sa peau. On serait en droit de dire qu'un Chavez a fait moins de mal au monde (il n'en a d'ailleurs fait qu'aux riches de son pays et des USA) que Obama. On voit ce qu'il y a de pervers à considérer toujours la personnalité des hommes qui gouvernent (ou des femmes) au lieu de regarder les politiques qu'ils mettent en œuvre. J'ai de la sympathie pour Hollande que je considère comme un homme honnête politiquement, agréable dans la vie, mais cela, de nos jours m'interdit de critiquer sa politique... si je le fais, on considère que « je dis du mal de Hollande ». Voilà une bonne raison de passer à la VIème République qui, comme ses partisans le souhaitent, mettrait fin à cette mascarade qui fait de la politique une scène de télé-réalité.

Au Venezuela, les libertés fondamentales ont toujours été garanties, personne n'a jamais pu le contester sérieusement. Quand le gouvernement de Chavez a fermé deux chaînes de TV, on a entendu des cris d'orfraies partout, pourtant, ces chaînes étaient publiques et ont été fermées pour des raisons autres que de censure. D'ailleurs nous l'avons su par les chaînes privées du Venezuela qui avaient toute liberté de diffuser la nouvelle. Et la récente élection présidentielle ne s'est pas passée plus mal que celle de Bush contre Al Gore, et moins mal que celle du président de l'UMP.

Article complet ici

 Quand il a nationalisé le pétrole, il a inversé la donne: avant, les compagnies étrangères prenaient 80% des revenus du pétrole et en laissaient 20% au Venezuela. Chavez a juste inversé les chiffres

Quand il a nationalisé le pétrole, il a inversé la donne: avant, les compagnies étrangères prenaient 80% des revenus du pétrole et en laissaient 20% au Venezuela. Chavez a juste inversé les chiffres

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