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Hugo Chavez prépare l'avenir financier du Venezuela

par Bernard Tornare 31 Août 2011, 08:46

" Les économies US et Européennes sont en train de s'effondrer et il est temps de vérifier la solidité des économies russes , chinoises et brésiliennes " . Le chef politique vénézuélien a aussi confirmé le rapatriement progressif des dépôts d'or .

" L'or ( déposé à l'étranger ) doit retourner à notre Banque Centrale  et ce retour doit constituer un exemple pour nos voisins . Nous allons le faire progressivement selon une procédure deja utilisée pour les transferts d'or entre états par ce que ce sont des lingots " physiques " et nous devons nous assurer que les lingots rapatriés sont ceux que nous avons déposé " .

Le Président Hugo Chavez a, en outre, annoncé la promulgation d'un décret nationalisant le secteur minier et l'industrie aurifère au Venezuela.

En août  2011 les réserves d'or vénézuéliennes étaient de 365.8  tonnes pour une valeur de 18.3 Milliard de dollars US ( 15 ème réserve mondiale ) . Cet or représente 63% des réserves  vénézuéliennes estimées à 29.1 Milliard USD . Plus de la moitié de cet or ( 11 milliard de dollars US ) est déposé à l'étranger . Le dépot à la Bank of England - 99 tonnes - est estimé à 4.6 Milliard de dollars US . Les autres détenteurs des réserves d'or vénézuéliennes sont  J.P. Morgan Chase , Barclays , HSBC , Standard Chartered Plc , BNP Parisbas et Bank of Nova Scotia .

 Le retrait des réserves internationales vénézuéliennes - qui servent de garanties aux préteurs internationaux - des banques occidentales signifie que le Venezuela manifeste sa volonté de se tourner vers ces trois " pays amis  " pour se financer et qu'il désire de ne pas recourir aux autres institutions financières internationales.

Le Venezuela cherche à se préserver de possibilités de saisies par des sociétés transnationales  majoritairement Anglo Saxonnes - qui s'estiment lésées par la politique économique progressiste de la Révolution Bolivarienne.

Ces deux décisions du Président Hugo Chavez  ont  déjà provoqué une réaction hystérique  du Département d'Etat Etasunien . Roger Noriega , un ex-assistant Secrétaire d' Etat , a ainsi appellé sur son blog de l' American Enterprise Institute les vénézuéliens à " descendre dans la rue pour s'opposer au pillage de l'épargne nationale " (sic ) !

Chacun comprendra qu'il s'agit là d'une mesure préventive visant à éviter un gel éventuel des avoirs vénézuéliens à l'étranger. Car les évènements de Libye ont servi d'avertissement à Hugo Chavez : avec l'assentiment de l'ONU, les puissances occidentales ont pu sans difficulté geler l'ensemble des avoirs de la Libye de Kaddhafi placés dans leurs banques. Rappelons-nous : à peine Tripoli a-t-elle été prise par les rebelles, ces avoir ont été en partie libérés pour être remis au Conseil national de transition. Hugo Chávez n'a eu aucune peine à faire le parallèle : son pouvoir se trouvant depuis fort longtemps dans le collimateur des États-Unis, il sait donc très bien que dans  des circonstances données (et provoquées), les puissances occidentales pourraient reproduire un scénario identique pour le Venezuela, un pays d'autant plus intéressant qu'il possède les plus grandes réserves de pétrole du monde.

Ce qui s'est passé en Libye est susceptible d'être appliqué au Venezuela selon les intérêts des grandes puissances représentées au Conseil de sécurité. On a donc déjà pu constater que ce dernier se permet pratiquement tout et n'importe quoi, y compris de donner un appui militaire actif à une faction rebelle contre un dirigeant qui dérange.

Désormais, même les aveugles sont en mesure de voir et de comprendre ce qui se passe en Libye. Hugo Chavez et son gouvernement l'ont bien compris et prennent ainsi les devants. Courageusement, selon leur habitude, ils rompent avec l'orthodoxie financière internationale qui veut que les grandes places financières du capitalisme mondial sont les places les plus sûres.

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