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Hugo Chavez dit non aux spéculateurs

par Bernard Tornare 17 Novembre 2010, 12:12

Sion, charmante petite ville de 30 000 habitants du canton du Valais en Suisse, connaît depuis longtemps une pénurie de logements. L'Union de Banque Suisse (UBS), banque récemment sauvée avec des deniers publics, va démolir des immeubles aux loyers raisonnables. La démolition de ces immeubles laissera la place pour des bâtiments neufs. Ce projet s'accompagnera de la résiliation de tous les baux à loyer actuels et la plus grande partie porte sur des logements à loyer modéré. On n'ose imaginer comment des centaines de personnes vont réussir à retrouver un logement, en plus à un prix acceptable. Devant ce fait accompli, les pouvoirs publics restent muets.

A Genève, ville internationale, des personnes âgées viennent de recevoir leur congé et se voient prier de trouver un appartement ailleurs s'ils ne veulent pas acheter leur logement. La raison? Les nouveaux propriétaires veulent valoriser les lieux où les loyers ne correspondent plus aux réalités du marché. Acheté 6 600 CHF (4 900 EUR) le mètre carré et revendu 15 000 CHF (11 000 EUR), il s'agit bien d'une opération spéculative et c'est profiter de la situation de pénurie du marché. Tout ceci dans le silence assourdissant des pouvoirs publics.

Le président Hugo Chavez a ordonné l'expropriation de six complexes résidentiels et l'occupation temporaire de huit communautés enclavées de Caracas et d'autres villes il y a plus d'une semaine, affirmant que des entreprises immobilières et de construction avaient injustement gonflé les prix. Des milliers de vénézuéliens ont envahi, samedi, les rues du centre-ville de Caracas pour manifester leur appui à l'intervention du gouvernement contre ces entreprises supposées malhonnêtes. Des détracteurs de ces expropriations et de mise sous tutelle temporaire, incluant les adversaires politiques d'Hugo Chavez et la plus importante chambre d'affaires du pays, ont averti que les mesures gouvernementales effraieraient les investisseurs et aggraveraient l'importante pénurie de logements nationale. Alors que l'on sait que cette pénurie était entretenue par ces milieux afin de maintenir des prix élevés pour pouvoir allègrement spéculer, on peut comprendre la réaction musclée d'Hugo Chavez.

Ici, on proteste, on se soumet. Là-bas on agit! Bel exemple d'un gouvernement qui privilégie l'intérêt général au détriment des profiteurs.

Gracias Latinos.

Bernard Tornare

Photo d'archive

Photo d'archive

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