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Droits de l'Homme: Le Venezuela, empêcheur de tourner en rond

par Bernard Tornare 1 Octobre 2013, 11:03

Droits de l'Homme: Le Venezuela, empêcheur de tourner en rond

Lors de la 24ème session du Conseil des droits de l'Homme (UNPhoto/Jean-Marc Ferré) qui s'est tenue le 26 septembre à Genève, le gouvernement du Venezuela a rejeté, sans succès, un projet de résolution des Etats-Unis contre la Syrie, le considérant déséquilibré et non objectif.

En effet, le Représentant permanent du Venezuela auprès de l'Organisation des Nations Unies , Jorge Valero (photo), a déclaré que Caracas n'acceptera pas la soumission des projets qui violent les principes du respect de la souveraineté et de la non-ingérence dans les affaires intérieures.

Il condamne dans les termes les plus forts la politisation de ces mandats, qui sont des outils pour la promotion de politiques illégitimes et interventionnistes, qui ne fournissent aucun avantage pour la cause des droits de l'homme. Il dénonce les Etats-Unis et leurs alliés qui mènent une offensive diplomatique et politique pour générer un scénario d'intervention militaire en Syrie, où le gouvernement de Bachar al-Assad fait face à des forces rebelles armées et financées de l'étranger. (1)

Ce positionnement qui peut paraître peu compréhensible pour certains est cependant cohérent car c'est une vision de géopolitique pétrolière progressiste. Le but est de mettre le pétrole au service des peuples et non des multinationales et de Washington.

Car le Venezuela a toujours prôné la nécessité d’une stratégie sud-sud visant à consolider un monde multipolaire, source de paix. Telle est la vision du Venezuela. D'ailleur Hugo Chavez ne s'était jamais prononcé sur la nature du régime syrien ( ou de l'Arabie Saoudite, entre autres). Il considérait simplement qu'il y avait une intervention extérieure contre la Syrie. Mais il s'agit aussi d'une position latino-américaine que de respecter la souveraineté et l'indépendance des pays au-delà de la nature de tel ou tel régime.

Laissons de côté le battage manipulateur de nos grands médias et essayons un moment de nous mettre à l' écoute et d'essayer de comprendre un autre positionnement sur ce sujet. Et peut-être nous nous poserons alors cette question: Pourquoi les propositions des pays progressistes d'Amérique latine ne sont jamais prises en compte? Ce qui nous amenera alors à se poser une autre question fondamentale: Qui sommes-nous pour faire la leçon au monde ?

Bernard Tornare
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(1) Il faut noter l’absence (momentanée) des "grosses pointures" du Sud hostiles à un renforcement des mécanismes de l’ONU : Cuba, Chine, Russie, Afrique du Sud, Egypte, Algérie. Conformément aux règles établies, après deux mandats continus (de trois ans chacun), l’Etat doit se retirer du Conseil pour au moins une année avant de poser à nouveau sa candidature. Eclipsés, ces pays continuent néanmoins de s’activer dans les coulisses. Un de leurs principaux relais, le Venezuela, nouveau membre du Conseil, endosse ainsi le rôle du grand méchant.

Jorge Valero

Jorge Valero

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