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Venezuela: un plan Condor pour assassiner Maduro

par Bernard Tornare 9 Août 2018, 13:21

Les dirigeants progressistes du monde entier ont exprimé leur inquiétude au sujet des activités de renseignement des Etats-Unis au Venezuela et en Amérique latine. Photo : Le Président du Venezuela Nicolas Maduro s'exprimant à Caracas, Venezuela, 4 août 2018. Bureau de presse de Miraflores

Les dirigeants progressistes du monde entier ont exprimé leur inquiétude au sujet des activités de renseignement des Etats-Unis au Venezuela et en Amérique latine. Photo : Le Président du Venezuela Nicolas Maduro s'exprimant à Caracas, Venezuela, 4 août 2018. Bureau de presse de Miraflores


Par Orlando Pérez
 

Il y a de nouvelles offensives contre les leaders sociaux des gouvernements qui ont entrepris des politiques publiques en faveur des secteurs les plus pauvres.


Commentant qu'un nouveau plan Condor est en cours en Amérique latine, certains analystes "progressistes" et autres dirigeants de la "gauche" - sans négliger l'élite de droite - l'ont décrit comme une exagération et un sentiment de nostalgie pour justifier la défaite supposée ou temporaire des processus politiques révolutionnaires en Amérique latine.


Mais ce qui s'est passé le samedi 4 août avec le président vénézuélien Nicolas Maduro réaffirme le commentaire et accentue la thèse selon laquelle le Nouveau Plan Condor (NPC) est en cours, révèle comment il a été construit par divers acteurs et secteurs politiques et - ce qui est pire encore - il est appprouvé par le journaliste présumé Jaime Bayly (qui, dans son programme du 6 août, était très lâche et regrette que l'attaque n'ait pas été couronnée de succès).


Il ne s'agit plus de théories de conspiration dépassées ou de jeux de trônes de style créole. Aujourd'hui, il est devenu plus qu'évident que ce NPC agit sur plusieurs fronts et change de tactique en examinant l'échec des précédents, selon le pays et le caractère.


L'un de ces points de la CPN est la voie judiciaire où l'appareil militaire et les services de renseignement contrôlent les juges et les procureurs. Auparavant, elle avait lancé l'offensive médiatique pour discréditer et construire des médias "corrompus" à partir des premières pages, des titres, des commentaires et des enquêtes supposées journalistiques. Avec cet attirail, la droite développe son offensive politique et fait des jugements et des revendications pour ceux qui ont osé s'emparer du pouvoir politique et établir de nouvelles politiques publiques pro-pauvres. Ces "corrompus" ne sont plus assassinés ou torturés : ils remuent l'image des leaders sociaux, discréditent leur carrière politique et finissent par les emprisonner ou au mieux les effrayer et les forcer au repli ou à l'exil. L'exemple le plus récent est survenu le mardi 7 juillet avec l'ancien vice-président argentin Amado Boudou, condamné à cinq ans et dix mois de prison pour l'affaire Ciccone, sans preuves contre lui, sur la seule base d'hypothèses et de témoignages. Il en va de même pour Jorge Glas et Rafael Correa de l'Equateur. Mais ils sont déjà dans le sillage de l'ancien président paraguayen Fernando Lugo.


L'autre point est l'attaque directe et il y a des preuves de cela en Colombie, au Brésil, au Pérou, au Honduras, au Chili et au Mexique. Dans tous ces pays, les dirigeants sociaux sont éliminés, emprisonnés ou persécutés pour avoir prétendument troublé l'ordre public ou simplement pour avoir "entravé" les pouvoirs en place : les sociétés transnationales et les gouvernements conservateurs.


Et comme ils n'ont pas été en mesure de le faire au Venezuela, ils n'ont eu qu'à utiliser cet autre conseil, qui est l'assassinat.


N'oublions pas quelque chose : "Selon les soi-disant archives de la terreur, découvertes par l'avocat Martín Almada au Paraguay en 1992, le plan Condor a fait 50.000 morts, environ 30.000 disparus et 400.000 prisonniers. A ces résultats, il faut ajouter la torture, le transfert de détenus vers d'autres pays et le contrôle et la surveillance constante des ennemis politiques", comme le rapporte TeleSUR dans la publication susmentionnée.


Plusieurs forums et dirigeants progressistes ont déjà exprimé leur inquiétude face à l'intensification des activités de renseignement américaines en Amérique latine au cours des cinq dernières années, dans le but d'organiser le renversement des présidents démocratiquement élus de la région.


La tentative d'assassinat du 4 août n'est donc qu'un acte raté d'activistes et d'opposants anti-Chavez inopérants? Bayly le dit lui-même, et c'est tout ce qu'il y a à dire. En plus de les considérer comme ses amis, d'avertissement qu'il y aura de "nouvelles frayeurs", a-t-il dit et c'est plus clair : "J'ai de bons amis à Washington et à la Maison Blanche et je sais de sources très fiables que Trump ne va pas entrer au Venezuela..., mais les gringos vont essayer d'aider les rebelles vénézuéliens, l'aide logistique et technologique, ce qui je pense est très plausible... C'est une conspiration et d'autres vont venir.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

 

L'opération Condor était une opération clandestine transnationale. Organisée par les régimes militaires d'Amérique du Sud, avec le support tacite des Etats-Unis, elle visait à l'élimination de personnes jugées "subversives". Des centaines d'entre elles, spécialement ciblées, seront torturées, assassinées ou portées disparues. 
 

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