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Une sortie pour le Venezuela

par Bernard Tornare 12 Juin 2017, 11:20

Une sortie pour le Venezuela

 

Par Equipo Primera Linea 

 

Traduction de Bernard Tornare

 

La dernière escalade de violence dans certaines régions du Venezuela met en évidence l'hégémonie acquise par l'extrême droite au sein de l'opposition vénézuélienne. Elle refuse ainsi l'opportunité de s'exprimer aux secteurs démocratiques qui survivent encore en elle. Si aujourd'hui un porte-parole d'un parti d'opposition soulève la possibilité de participer à un processus électoral comme l'Assemblée constituante ou de proposer un dialogue avec le gouvernement pour freiner la montée de la violence, il serait accusé d'être un traître à la cause antichaviste et exécré.


Devant cette progression du fascisme comme option politique de la bourgeoisie vénézuélienne et de ses alliés internationaux, le gouvernement bolivarien a répondu en convoquant une assemblée constituante en vertu de la Constitution  comme un mécanisme démocratique pour débloquer une situation politique qui ajoute de nouveaux morts chaque jour, qui instaure le chaos dans certaines régions de la capitale et d'autres villes de l'intérieur. Et qui multiplie les bandes armées qui sèment un ensemble explosif de haine et de peur dans la population.


Selon la Constitution de 1999, le pouvoir constituant est au-dessus de tout autre pouvoir de l'Etat, de sorte que cette nouvelle assemblée constituante aura le pouvoir de modifier les structures de l'Etat et en plus, bien sûr, de changer les lois et les articles de la Constitution qu'elle juge appropriée. Ce qui donne à ces élections une occasion d'approfondir le processus révolutionnaire, comme elle l'est aussi pour l'opposition dans sa volonté de le renverser.


La convocation du gouvernement constitue par conséquent un espace de dialogue, d'analyse, de débat entre tous les secteurs sociaux et politiques pour confronter les différents modèles et d'adapter les institutions aux propositions qui sont assumées par tous les Vénézuéliens. C'est certainement une occasion pour les bolivariens d'en finir avec un modèle rentier qui a épuisé ses possibilités de développement et de jeter les bases pour commencer à le remplacer par un système de production durable qui soit inclusif et conforme à la nouvelle réalité du pays et du monde; comme pour l'opposition qui a l'intention de revenir au modèle néolibéral de la IVe République.


Tous les sujets seront matières de discussions et de vote (culture, économie, social, politique, écologie, égalité des sexes, les affaires autochtones, les afrodescendants, la diversité sexuelle, la légalisation de l'avortement, etc.) Cela signifie pour le chavisme l'occasion de consolider les structures existantes du pouvoir populaire et d'en créer des nouveaux pour assurer le transfert du pouvoir au peuple, approfondissant ainsi le processus révolutionnaire et de continuer sur la voie vers le socialisme. Ou au contraire, l'opportunité d'institutionnaliser les missions, les conseils communautaires et d'autres formes d'organisation populaire, en ajournant le temps de radicaliser les mesures anticapitalistes, notamment dans le domaine économique. Dans ce sens, l'Assemblée constituante sera la scène d'un débat indispensable au sein du chavisme.


D'autre part, alors que la droite était largement majoritaire dans les dernières élections législatives en décembre 2014, on se demande pourquoi elle refuse de participer à ces élections qui leur ouvriraient la voie pour la conquête des instances du pouvoir actuellement détenu par les forces bolivariennes. Il semblerait que cette frange extrémiste qui l'a comme séquestrée ne souhaite pas revenir gouverner avec une opposition chaviste qui pourrait l'empêcher de  mettre en œuvre les mesures qu'elle estime nécessaires pour réorganiser l'économie et la société vénézuélienne. Apparemment, sa stratégie est de liquider définitivement une option révolutionnaire, présente et future. Elle veut revenir à l'ancien style des années soixante-dix quand les dictatures ont lessivé toute réclamation progressiste et anti-impérialiste afin d'assurer des décennies de « paix sociale » pour imposer sans restriction les mesures économiques, sociales, politiques et culturelles que précisément  la révolution bolivarienne attaque. Cette hypothèse met en exergue les options les plus effrayantes, y compris des scénarios tels que l'on voit en Syrie ou en Libye.

 

Version originale en espagnol ici

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