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Cabale médiatique anti-Venezuela

par Bernard Tornare 27 Juin 2017, 19:14

Cabale médiatique anti-Venezuela

Par Léo-Paul Lauzon

 

Les USA, la CIA et le capital n’en veulent pas

 


Ça remonte au temps d’Hugo Chavez, cette animosité viscérale envers le gouvernement socialiste du Venezuela, pourtant élu et réélu démocratiquement depuis près de vingt ans : quatre fois Hugo Chavez et une fois Nicolas Maduro, dont le mandat officiel se terminera au mois de janvier 2019. Une obsession démoniaque, s’entend, qui ne veut rien entendre d’un gouvernement qui redistribue la richesse, assure l’éducation et les soins médicaux à tous et sort de la misère ainsi que de l’exploitation des millions d’individus. Pour les profiteurs du capital, cela s’apparente à une gauche radicale qui opprime et qui vole les riches. Alors, ces Crésus, avec l’appui indéfectible des États-Unis et de la CIA, profitant de la baisse du prix du pétrole, font tout pour que Nicolas Maduro ne termine pas son mandat.

 


Pour mener le combat, ses dévoyés affrètent les médias locaux et internationaux qu’ils contrôlent, comme l’Agence France-Presse et l’Associated Press, afin de toujours publier uniquement d’horribles nouvelles sur ce pays latino-américain. À l’ordre du jour, de la pure propagande qui démonise le parti politique de monsieur Maduro qui, évidemment, n’a absolument rien fait de bon depuis vingt ans. Un supposé dictateur élu majoritairement au suffrage universel : mieux vaut en rire. Par contre, les vrais dictateurs comme en Arabie Saoudite, au Honduras, en Thaïlande, en Égypte, etc., étant donné qu’ils sont impérialistes, eux sont corrects et même parfaits. Mes amis, depuis toujours les États-Unis ont considéré l’Amérique latine comme leur basse-cour. Déjà que Cuba leur a fait faux-bond, ils veulent à tout prix ramener le Venezuela dans leur giron de peur que le socialisme s’étende à d’autres pays.


À grands coups de propagande


De terribles nouvelles à la pelle et tous les jours sur ce gouvernement élu démocratiquement, je le rappelle, apparaissent donc dans nos médias écrits. Par contre, pas de nouvelles ou si peu sur des pays d’Amérique latine, comme le Honduras, le Guatemala, le Panama, le Costa Rica, le Salvador, la Colombie, le Pérou et le Mexique, tous des exemples affligeants d’absence réelle de démocratie et où les droits humains sont bafoués sur une base régulière. Voyons donc, ce sont de bons pays puisqu’ils se plient docilement aux volontés de l’Occident et qu’ils gouvernent principalement pour la secte économique supérieure.

 

Bon, commençons par ces nouvelles hallucinantes sur l’enfer vénézuélien: «Le Venezuela glisse vers la faillite» (La Presse, 26 janvier 2015). Les mêmes «preachers» prévoyaient aussi la banqueroute du Québec. Alors pour sortir le Venezuela de la faillite, faut mettre au pouvoir, par tous les moyens, un gouvernement «révolutionnaire», mais de droite, dirigé par des gens d’affaires et des banquiers audacieux, novateurs et pragmatiques. On connaît trop bien la chanson et ses conséquences dans le sens : à qui ça profite?

 


Il y a eu tellement d’articles loufoques publiés dans nos journaux depuis près de vingt ans, dénigrant allégrement le Venezuela afin de mettre au pouvoir le patronat et ses asservis que je vais me limiter à quelques nouvelles :

 


-«376 journalistes agressés dans les manifestations au Venezuela» (TVA Nouvelles, selon l’Agence France-Presse, 25 juin 2017). Pas 375, ni 377, non, 376. Qui les a comptés? Qui sont ces journalistes? Ils viennent d’où ces journalistes?

 


-«Venezuela; faute de papier, un journal suspend sa parution» (Le Devoir [1] , 30 décembre 2016). Très grosse et importante nouvelle. De quel type de journal parle-t-on? Un journal communautaire, je suppose?

 


-« L’appel à la grève a été peu suivi au Venezuela» (Le Devoir, 29 octobre 2016). Pas le genre de bonne nouvelle pour les révolutionnaires de droite, ce qui a donné lieu à seulement une petite brève dans Le Devoir. Peu suivi l’appel à la grève générale, mais le patronat ne lâchera pas le morceau.

 


-«Venezuela : l’opposition à Maduro peine à mobiliser» (Le Devoir, 24 janvier 2017). Ah ben, va falloir renforcir les méthodes de désinformation et d’aliénation. Pour le patronat, il faut continuer le combat afin de renverser le gouvernement élu, comme cela s’est passé au Honduras.

 


-«Les grands-parents dans la rue pour un meilleur pays» et «Manifestation au Venezuela : les femmes dans la rue» (La Journal de Montréal, 13 mai 2017 et 6 mai 2017). Ah ça c’est mieux comme nouvelle de l’Agence France-Presse. Pas «des», mais «les» dans le sens de tous les grands-parents et toutes les femmes du pays. Vraiment touchant de voir les vieux et les femmes obligés d’aller parader dans la rue. Combien étaient-ils dans la rue sur un pays de 31 millions d’habitants?

 


-«Venezuela. Affamés, ils vont jusqu’à manger le cheval d’un zoo» (TVA Nouvelles et Agence France-Presse, 19 août 2016). Ça c’est une de mes préférées. Quand le ridicule ne tue pas. Comme ce sont des socialistes et des communistes, la prochaine fois, ils vont aller jusqu’à manger des enfants. Quand j’étais jeune, certains colportaient que les communistes mangeaient les enfants. Ouache!

 


-«Le Venezuela, là où survivre est une routine» (Journal Métro, 31 août 2016). Bah, un an plus tard, ils doivent tous être maintenant morts de faim, comme à Cuba d’ailleurs, là où les gens sont affamés en permanence, même si c’est le pays qui compte le plus de centenaires. Bizarre, non! Faudrait m’expliquer!

 


-«Venezuela. Des opposants au président Maduro disent avoir été torturés» et «14 ans de prison pour un opposant au Venezuela» (Le Journal de Montréal, 27 juillet 2016 et 12 septembre 2015). Ça ce sont les bons vieux classiques. Et combien d’emprisonnées au Honduras, au Pérou, en Colombie, au Guatemala, au Salvador, au Mexique, etc., et aux States?

 


Le président de droite du Pérou y met son grain de sel

 


«Crise au Venezuela. Le président péruvien propose un arbitrage international» (Le Devoir, 12 juin 2017). Après avoir refusé la médiation du Pape François, l’opposition au Venezuela s’allie au président du Pérou, un très haut lieu de démocratie et de justice comme tout le monde le sait. Pablo Kuczynski, ce banquier de Wall Street élu par la peau des dents (50,5%) en juin 2016, suggère de réunir trois pays amis de la démocratie et de l’autre côté, des gens provenant de Cuba, de la Bolivie, du Chili, du Brésil, etc. Monsieur le président du Pérou, qui sont ces amis de la démocratie? Et les autres pays comme l’Équateur, la Bolivie, l’Uruguay, Cuba sont, je suppose, des ennemis de la démocratie? Tellement primaire que s’en est triste à mourir. Et le monsieur a ajouté que «ça devrait être des personnalités d’un très grand prestige». Qu’entendez-vous, monsieur, par des gens de très grand prestige? Le pape François qui a proposé ses services à cet effet n’a pas de genre ce «prestige» que vous affectionnez? Ah oui, je viens de piger : des banquiers de Wall Street comme vous feraient parfaitement l’affaire. Faillait juste y penser.

 


Et pour une invasion militaire au Venezuela

 


Rien de moins qu’une invasion militaire a été proposée par Gérard Latulipe, ancien haut-commissaire du Canada et ancien délégué général du Canada à Mexico et à Bruxelles, qui a pondu cette perle publiée dans Le Devoir du 1er juin 2017 et qu’il a intitulée tout simplement: «Plaidoyer pour une intervention militaire au Venezuela». Et le Devoir qui publie ça! Rien à ajouter. Notion de démocratie utilisée à toutes les sauces et à géométrie variable. Le concept de démocratie dépend de qui en fait allusion, de qui la défend et au profit de quoi. Aux grands maux, les grands moyens. Oubliez l’arbitrage international. Les États-Unis pourraient envahir militairement le Venezuela, ce n’est certes pas l’envie qui manque. Ils l’ont fait avec un succès retentissant et électrisant en Irak, en Afghanistan, au Panama, à Grenade, au Nicaragua, etc.

 

Léo-Paul Lozon

 

Source ici

 

 

[1] Le Devoir est un quotidien d'information publié à Montréal, au Québec (Canada). 

 

Léo-Paul Lauzon (né le 27 novembre 1946 à Montréal) est un professeur et homme politique québécois.

 

 

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