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Venezuela: Des mesures extraordinaires face à l’offensive contre-révolutionnaire

par Bernard Tornare 19 Mai 2016, 13:37

Venezuela: Des mesures extraordinaires face à l’offensive contre-révolutionnaire

Ecrit par un journaliste du Parti communiste du Canada.

 

Le président du Venezuela met tout en oeuvre pour sauvegarder le bien-être du peuple

 

Le président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolás Maduro Moros, a tenu le 17 mai 2016 une conférence de presse internationale sans précédent pour discuter de la campagne idéologique et politique contre le Venezuela et ses dimensions militaires. Il s’est adressé à des médias internationaux réunis à Caracas, la capitale du Venezuela, ainsi qu’aux médias présents dans des ambassades et des consulats du Venezuela dans le monde entier via une diffusion en direct. Le président Maduro a appelé à une contre-offensive dans le monde entier pour défendre la paix et le progrès en Amérique latine et invité tout le monde à se joindre à ce travail important. 

 

Le président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolás Maduro Moros, a tenu le 17 mai 2016 une conférence de presse internationale sans précédent pour discuter de la campagne idéologique et politique contre le Venezuela et ses dimensions militaires. Il s’est adressé à des médias internationaux réunis à Caracas, la capitale du Venezuela, ainsi qu’aux médias présents dans des ambassades et des consulats du Venezuela dans le monde entier via une diffusion en direct. Le président Maduro a appelé à une contre-offensive dans le monde entier pour défendre la paix et le progrès en Amérique latine et invité tout le monde à se joindre à ce travail important. Un journaliste du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) a participé à la conférence de presse et en a fait le rapport suivant.

Le Président Maduro a souligné que les menaces contre le Venezuela sont les plus graves de ces dernières années et que les attaques et les déformations des faits continues des médias sont utilisées dans le monde entier pour préparer le terrain à une intervention militaire. Il a qualifié ces attaques de systématiques et déclaré que leur objectif est de provoquer des conflits internes du même type qu’ en Libye et en Ukraine, qui ont été utilisés ensuite comme prétexte pour une intervention militaire des États-Unis. C’est aussi le but des déclarations et des décrets du gouvernement américain, a-t-il dit. Toutefois, le président Maduro a souligné, que ces attaques n’ont pas atteint leur but. Le plan de l’impérialisme américain et des forces de l’oligarchie au Venezuela était de provoquer son renversement au mois de mars, mais cela n’a pas été réussi. Le Venezuela s’efforce de contrer tous ces tentatives par des moyens diplomatiques sur la scène internationale, a déclaré le président Maduro.

Au sujet de la situation intérieure, le président Maduro a indiqué que l’Assemblée nationale contrôlée par l’oligarchie vénézuélienne a perdu la légitimité, et que ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle disparaisse. Cependant, l’oligarchie est à l’offensive, car elle domine l’Assemblée nationale et utilise d’autres moyens. Le président Maduro a souligné qu’il a prolongé et renouvelé les Décrets d’État d’exception et d’urgence économique constitutionnels pour s’assurer que le peuple ne soit pas attaqué. Toutes les mesures constitutionnelles seront prises contre l’ingérence étrangère, a-t-il dit, et il a déclaré que le Venezuela se battra. Donnant l’exemple du coup d’État du 11 mai au Brésil le 11 mai, le président Maduro a déclaré que cette offensive se déroule dans toute l’Amérique latine et que les médias monopolisés justifient les injustices.

Le président Maduro a établi un parallèle entre l’offensive idéologique actuelle contre les forces populaires en Amérique latine et les mesnsonges des États-Unis sur les armes de destruction massive avant l’invasion de l’Irak en 2003. Aujourd’hui, les impérialistes américains utilisent des terroristes pour déstabiliser et ont provoqué ainsi une très grave crise humanitaire. Tout comme les pays du Moyen-Orient ont été attaqués à cause de leurs ressources, de leur indépendance et de leurs progrès sociaux, c’est maintenant l’Amérique latine qui est ciblée pourles mêmes raisons, a-t-il déclaré.

À cette conférence de presse, le président Maduro a révélé que selon l’Aviation militaire nationale bolivarienne du Venezuela, un avion de surveillance militaire des États-Unis a violé l’espace aérien du Venezuela les 11 et 13 mai 2016. Le président Maduro a dit que les deux incursions étaient celles d’un avion E-3 Sentry américain, un Boeing 707 modifié avec un dôme de radar au-dessus du fuselage.

Le président Maduro a conclu en soulignant que la campagne orchestrée contre le Venezuela en ce moment a des similitudes avec celle qui a eu lieu en avril 2002 avant le coup d’État contre le président Hugo Chavez. Il a souligné que le peuple et le gouvernement vénézuéliens utilisent l’expérience acquise pour défaire le coup de 2002 pour contrer les attaques aujourd’hui. Le président Maduro a souligné qu’ils feront tout pour s’assurer que l’ancien système de l’oligarchie n’est pas restauré. À cause de l’évolution de la situation, il ne s’agit pas de seulement résister mais il faut poursuivre la révolution, renforcer la Constitution populaire du Venezuela et soutenir les mesures qui visent à garantir la primauté du droit et les droits du peuple.

 

Prolongation du décret d’urgence pour défendre le peuple 

Le 13 mai, le président Maduro a annoncé, le 13 mai, le renouvellement du Décret d’état d’exception et d’urgence économique pour défendre le bien-être du peuple contre l’offensive contre-révolutionnaire de l’oligarchie et de l’impérialisme américain dans le pays. Les garanties du décret constitutionnel sont « le droit à la vie, l’interdiction de la torture ou de l’isolement, le droit à un procès équitable, le droit à l’information et tous les autres droits humains sacrés », tout en autorisant au président de prendre des mesures d’urgence des mesures contre l’accélération du sabotage économique, les préparations de coup et les menaces d’intervention étrangère.

Le président Maduro a affirmé que le décret a été prolongé pour défendre la souveraineté du Venezuela, restaurer les capacités productives nationales, renforcer la distribution de vivres et de produits de base à la population et protéger les programmes sociaux.

Une préoccupation particulière est la fermeture concertée des usines et des entreprises économiques par leurs propriétaires issus de l’oligarchie vénézuélienne dans une tentative de saboter l’économie et de saper le gouvernement bolivarien. « Nous devons prendre toutes les mesures pour reprendre la capacité de production, qui est paralysée par les capitalistes », a-t-il dit à la foule. À cet égard, le 14 mai, le président Maduro a annoncé lors d’une manifestation que toutes les usines fermées par leurs propriétaires seront remises aux travailleurs afin qu’ils puissent continuer la production. « Une usine arrêtée [est] une usine remise au peuple, le moment de le faire est maintenant », a déclaré Maduro.

Le 14 mai une manifestation a été organisée par les travailleurs en appui à l’économie communale, les projets de production organisés et dirigés par des communes et des conseils communautaires. « Je suis prêt à remettre au Pouvoir communal toute usine qui est empêchée de produire par toute personne riche dans ce pays. Quiconque ne veut pas travailler devrait partir et ceux qui veulent travailler sont les bienvenus, nous irons de l’avant unis. Ce pays a besoin de toute sa structure économique pour pouvoir fonctionner », a déclaré le président Maduro. Il a également annoncé le financement de sept grandes entreprises communales dans la production et la distribution des aliments.

Menaces renouvelées d’intervention étrangère et de coup d’État

S’adressant au peuple vénézuélien lors d’une émission télévisée le jour même où le décret a été signé, le président Maduro a mis les Vénézuéliens en garde contre les menaces croissantes d’un coup d’État contre-révolutionnaire et d’une intervention militaire étrangère. « Washington est en train de mettre en place des mesures à la demande de la droite fasciste au Venezuela, qui est enhardie par le coup d’État au Brésil », a-t-il dit. Maduro a parlé du « virus des coups d’État » en Amérique latine. Le Venezuela et le Salvador ont retiré leurs ambassadeurs du Brésil depuis le coup d’État et les dirigeants à travers la région ont dénoncé la destitution de la présidente Dilma Rousseff.

Le même jour, le sénateur et ancien président colombien Alvaro Uribe a parlé lors d’un événement à Miami en Floride et a appelé à une intervention militaire étrangère pour renverser le gouvernement vénézuélien. Uribe, qui est connu pour ses liens avec les escadrons de la mort paramilitaires colombiens et les cartels de la drogue, a été rejoint à Miami par une douzaine d’anciens présidents des pays d’Amérique latine et d’Espagne qui ont été soutenus par les États-Unis afin de promouvoir l’ingérence au Venezuela.

Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Luis Almagro et Lilian Tintori la femme de Leopoldo Lopez, un criminel condamné à purger une peine au Venezuela pour son rôle de chef de file dans la tentative de coup d’État de 2014 qui a conduit à la mort de 43 personnes, ont également assisté à la réunion. Des groupes paramilitaires colombiens ont par le passé lancé des attaques à l’intérieur du Venezuela et ont été liés à des meurtres de dirigeants autochtones et paysans, de dirigeants du Parti socialiste unifié du Venezuela ainsi que de membres des forces armées.

Se référant à ces menaces, le président Maduro a annoncé qu’il a ordonné des exercices militaires afin que les forces armées vénézuéliennes soient préparées face à une intervention extérieure. « J’ai appelé à la tenue d’exercices militaires pour nous préparer à la défense de notre pays, de nos enfants et de notre droit à la paix », a-t-il dit. Les Forces armées du Venezuela ont émis une déclaration réaffirmant leur allégeance à la Révolution bolivarienne, en disant qu’elles condamnent catégoriquement « la campagne systématique orchestrée à l’étranger pour discréditer et provoquer le Venezuela ».

 

Le Venezuela défend sa souveraineté alimentaire

Parmi les problèmes économiques auxquels les Vénézuéliens font face, aucun n’a reçu autant d’attention internationale que les pénuries alimentaires. La question est soulevée hors de son contexte qui est marqué par les efforts que font depuis longtemps les grossistes alimentaires et les distributeurs privés du Venezuela pour excroquer les consommateurs, stocker les aliments et exporter les aliments de base afin de faire de gros coups d’argent. Le gouvernement a pris des mesures pour s’assurer qu’aucun Vénézuélien ne souffre de la faim et il prend maintenant d’autres mesures pour protéger la souveraineté alimentaire et faire en sorte que la production et la distribution sont dans les mains du peuple et non de l’oligarchie.

Une série de reportages de TeleSUR intitulée « Est-ce que la faim existe au Venezuela ? » explique comment le problème se pose et quelles mesures sont prises. Dans les chaînes privées de supermarchés, les gérants et les propriétaires ont fait des arrangements entre eux pour divertir des denrées vers le marché noir des « revendeurs » qui les obtiennent aux bas prix qui sont établis pour les Vénézuéliens et les revendent à des prix des dizaines de fois plus élevés après avoir vidé les magasins. Cinquante gérants ont aussi été arrêtés dans le secteur d’État en février pour avoir diverti et revendu des denrées.

Le Venezuela a établi un nouveau système de Comités de production et de distribution locales ( CLAP) pour stimuler la production et créer des réseaux de distribution dans tout le pays par le biais de conseils communaux, sans ingérence de la part des revendeurs privés et sans possibilité de spéculation. Dans le décret d’urgence émis le 13 mai, le président Maduro a ajouté de nouveaux pouvoirs de surveillance et organisationnels aux CLAP afin qu’ils puissent faire leur travail.

Les rapports de TeleSUR expliquent les origines du caractère insuffisant de la production alimentaire domestique. Au moment de l’élection du président Hugo Chavez en 1999, seulement 9 % de la population vivait sur la terre et la plus grande partie de la terre arable n’était pas cultivée. Des efforts ont été faits pour stimuler la production mais les importations occupent encore une importance trop grande, surtout que la pauvreté a été réduite de manière significative sous les présidents Chavez et Maduro et que le peuple vénézuélien consomme des aliments meilleurs et en plus grande quantité. TeleSUR a expliqué comment les intérêts privés qui contrôlent les importations alimentaires du Venezuela et le commerce de gros ont développé « une des plus grandes fraudes de tous les temps » qui a privé le trésor d’État de milliards chaque année et causé des distortions dans l’approvisionnement alimentaire.

« Voici comment cela fonctionne. L’importateur privé, Monsieur A, postule pour recevoir 1000 $US afin d’importer 100 caisses d’aliments. Cela lui côute 6300 bolivars ( au taux préférentiel du gouvernement établi plus tôt cette année où 1.00 $US = 6,30 Bs.). L’importateur A a maintenant plusieurs options devant lui. Il peut décider d’importer les 100 caisses. Cependant, au lieu de les vendre à ses grossistes à un prix qui est basé sur ce que lui-même a payé, soit 10 $US ou 63 Bs. pour chaque caisse, il les vend a un prix qui est basé sur le taux de change parallèle illégal (où, au début de l’an dernier, 1.00 $US équivalait à 500 Bs.), soit 5000 Bs. la caisse. En d’autres mots, il fait un gros coup d’argent en bolivars. Mais il est plus probable que l’importateur A va importer seulement 50 caisses , ou même moins, qu’il vend de la même manière et pour lesquelles il touche un profit substantiel. Il peut faire plusieurs choses avec le reste des dollars qu’il a reçus. Il peut les échanger en bolivars au taux de change parallèle mais il va probablement les garder quelque part hors du pays jusqu’à ce que le taux de change augmente encore. Ou encore les investir dans autre chose ailleurs. Ou encore les garder dans son propre compte en dollars pour des jours meilleurs. Dans d’autres cas, notre importateur n’a rien importé du tout. Il a tout simplement volé tous les dollars.

« Les grandes entreprises privées du Venezuela ont fait la même chose sur une échelle beaucoup plus vaste. En 2013, le président de l’époque de la Banque centrale du Venezuela, Edmee Betancourt, a dit que le pays a perdu entre 15 et 20 milliards de dollars l’année précédente par le biais de stratagèmes frauduleux de la sorte. Les données de la Banque centrale montrent qu’entre 2003 et 2013, le secteur privé du Venezuela a accru ses participations dans des comptes bancaires étrangers de plus de 122 milliards $US, soit près de 230 %. En 2014, les chavistes qui faisaient campagne en faveur d’une vérification de la dette publique ont estimé que le montant total perdu par de fausses importations et des stratagèmes du genre pendant la même période avaient atteint le chiffre incroyable de 259 milliards $US.

« Il est probable que plusieurs des 750 entreprises faisant affaire à l’étranger qui sont liées au Venezuela dans l’affaire des Panama Papers ont été utilisées pour recycler cet argent.

« Le plus grand producteur alimentaire du Venezuela, l’entreprise Polar, a interrompu la production à plusieurs reprises ces dernières semaines parce que, dit-elle, le gouvernement ne lui a pas procuré les dollars dont elle a besoin pour importer ses matières premières. Or, ces dernières années, Polar a été l’un des plus gros récipiendaires des dollars à des taux préférentiels destinés à l’importation. Et, l’entreprise a trouvé quelque part suffisamment de dollars pour développer de nouvelles installations de production aux États-Unis et en Colombie », rapporte TeleSUR.

Source ici

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