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L’enjeu des élections municipales du dimanche 8 décembre, au Venezuela

par Bernard Tornare 7 Décembre 2013, 21:17

L’enjeu des élections municipales du dimanche 8 décembre, au Venezuela

Coécrit avec Alberto Ruano.

Les élections régionales du prochain dimanche pour choisir les 335 maires et plus de 2400 conseillers municipaux, confrontent les vénézuéliens à un important choix.
Un choix chargé de menaces putschistes contre le gouvernement bolivarien et que l’opposition, incarnée surtout par Henrique Capriles Radonski - le vaincu crispé dans les dernières présidentielles – essaye de monter en épingle comme un "plébiscite" qui pourrait donner lieu à convoquer un "référendum révocatoire" du gouvernement national.

Ou, le cas échéant, à mobiliser une opposition, sans véritables programmes politiques de projection nationale, mais forte d’une éventuelle majorité "municipale", pour le soutien à une nouvelle aventure dans l’esprit du coup d’Etat de 2002, mais dans un nouveau style. Le "coup d’État silencieux" comme l’a dénommé récemment le président Maduro.

Depuis presque quatre mois, faute de mieux, l’opposition insistait sur l’importance que prendraient, à ses yeux, les élections locales de ce dimanche prochain. Capriles déclarait, le 10 août à la presse : " Les changements que nous voulons pour notre pays passent forcément par le 8 décembre, parce que à ce moment-là nous saurons si il sera possible de faire une grande consultation, un amendement ou une réforme de la constitution pour nous débarrasser de ce gouvernement. Il faut que le 8 décembre soit un grand plébiscite (…) "

En septembre, depuis Miami, il rajoutait la menace à peine voilée d’émeutes populaires, si les résultats étaient défavorables à l’opposition. Dans son programme télévisé "Venezuela pour tous", Henrique Capriles, disait sur le ton d’un ultimatum : " Ou le gouvernement commence à trouver des solutions et que les élections se déroulent avec liberté et transparence ou le peuple lui passera par dessus ".

Certes, le seul fait d’annoncer l’intention de profiter des élections locales, comme les municipales, pour déchoir le gouvernement national de Nicolas Maduro, montre déjà une transgression de l’ordre démocratique de la société, et plus encore, si on considère l’appel explicite à " passer par dessus " le gouvernement élu.

Lors des dernières élections municipales, les candidats bolivariens avaient obtenu presque les deux tiers des mairies (64% exactement). Un succès éclatant. Mais, à ce moment-là, la " guerre économique " d’accaparement et les pénurie délibérées des biens de consommation qui ont provoqués l’escalade des prix, la spéculation financière dans le marché des devises, n’avaient pas encore pris l’ampleur de ces derniers mois. Pas plus que le sabotage systématique des services publics, telle que l'approvisionnement de l’électricité. Un sabotage déclenché par la même opposition antibolivarienne qui est décidée, coûte que coûte, à freiner la révolution sociale et de déstabiliser les institutions de la république bolivarienne.

Capriles et d’autres leaders de l’opposition ont qualifié à maintes reprises " d' incompétents ", "d' incapables ", etc., le leader bolivarien et le président Maduro. Tout comme ils disqualifiaient de façon systématique l’immense travail révolutionnaire et d’émancipation nationale d’Hugo Chavez.

Est-ce à eux, en tant qu'individus, qu'ils s'adressent? Non, rien de tel. Ils disqualifient ce que Chavez et Maduro représentent pour le peuple vénézuélien. Ils disqualifient la volonté majoritaire populaire qui les ont choisis, avec leurs voix, comme représentants légitimes.
Les élites traditionnelles, l’oligarchie vénézuélienne, la bourgeoisie spéculatrice et parasitaire, les affidés de l’Empire, tous ceux qui ont soutenu l’apartheid social et économique au Venezuela pendant des longues décennies, ne supportent pas l’idée que maintenant ce sont les humbles citoyens, les exclus et les travailleurs, qui décident du destin de la nation vénézuélienne.

Et le défi que l’opposition a lancé au gouvernement de transformer l’élection municipale de dimanche en un "plébiscite" ne doit tromper personne. En démocratie, ce sont les élections présidentielles et législatives qui définissent la majorité gouvernementale.

La votation de cette élection municipale, pour les bolivariens, doit répondre à sa conscience sociale et politique et à mettre fin aux provocations de cette droite putschiste."

Alberto Ruano & Bernard Tornare

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