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Les gouvernements progressistes d'Amérique latine s'affirment face aux USA

par Bernard Tornare 3 Juin 2013, 09:47


Bolivie : Le président Morales expulse une agence de la CIA

Par Eva Lacoste*


Le président bolivien Evo Morales expulse une agence de la CIA (l’USAID), son homologue équatorien Rafael Correa admoneste l’ambassadeur états-unien à Quito... Les changements amorcés en Amérique du Sud s’affirment, face à une puissance qui n’a de cesse de déstabiliser les gouvernements progressistes.


« Nous avons décidé d’expulser l’Usaid de Bolivie. L’Usaid s’en va de Bolivie »lançait le président Evo Morales dans son discours public de la fête des travailleurs. L’Usaid et d’autres institutions liées à l’ambassade des USA à La Paz « poursuivent des objectifs politiques et non des objectifs sociaux » (...) conspirent contre le peuple et particulièrement cotre le gouvernement national. » En toute logique, Evo Morales a chargé le Ministre des Affaires étrangères David Choquehuanca de communiquer l’expulsion de l’Usaid à l’ambassade des USA.


L’Usaid au service des intérêts américains


Officiellement, l’United States Agency for International Development est une agence indépendante des USA, chargée du développement économique et de l’assistance humanitaire dans le monde. Beau programme qui recouvre une réalité beaucoup plus prosaïque.Ces dernières années, la présence de l’Usaid a été signalée dans la plupart des pays d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale . En plus de fournir une couverture à des agents de la CIA, l’agence prépare et finance des éléments au service des intérêts américains. Elle-même agence de la National Endowment for Democracy, vitrine de la CA financée par le Département d’État américain, l’Usaid a été créée en 1961 par Kennedy. Il va sans dire qu’elle a soutenu les pires dictatures et qu’elle n’apprécie guère les Etats qui veulent s’affranchir de la tutelle politique et économique du « grand frère » du Nord.(1)

En Bolivie justement, les intérêts des multinationales subissent alertes sur alertes. La veille du 1er mai, Evo Morales annonçait la nationalisation de la filiale de l’entreprise espagnole Red Electrica, en conformité avec la ligne politique de mainmise sur les ressources naturelles et les domaines régaliens de l’État comme l’éducation, la santé ou l’énergie. Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2006, Evo Morales a lancé un plan de nationalisation des hydrocarbures, des télécommunications et des ressources minières auparavant détenues par les multinationales.

Au Venezuela, il fallait donc s’attendre à une tentative de déstabilisation après la victoire de Nicolas Maduro le 15 avril. Déjà, le 11 avril 2002, Hugo Chavez avait dû faire face à une tentative de renversement aussitôt reconnue par les USA et l’Union européenne qui avaient dû ravaler leur déconvenue... Depuis, l’ambassade des USA à Caracas était devenue le centre de la distribution et de la coordination des fonds alloués par l’Usaid. À tel point que le budget de l’ambassade était passé de 15,9 millions de dollars en 2011 à 24 l’année suivante. La reprise en main des richesses pétrolières et de quelques petits à-côtés est à ce prix.


Équateur : l’avertissement du président Correa


Et voilà qu’après Evo Morales, Rafael Correa s’en prend au rôle des USA et à celui de son ambassadeur à La Paz. L’avertissement du président équatorien est clair : il doit s’en tenir à ses attributions diplomatiques et éviter de participer à des activités politiques contre le gouvernement. Dans ce qu’ils considèrent comme leur arrière-cour, ou peut-être une sorte de Françafrique, les Américains s’arrogent des droits particuliers. Un ambassadeur, en l’occurrence Adam Namm, peut participer à une activité organisée par des journalistes de grands groupes médiatiques privés- adversaires du gouvernement équatorien- pour dénoncer « l’absence de liberté d’expression en Equateur. » . Rafael Correa a écarté pour l’instant une procédure d’expulsion de l’ambassadeur des USA, mais celui-ci est prié de faire dorénavant « preuve de plus de respect pour le pays qui l’accueille . » L’avertissement est clair et confirme qu’un mouvement irréversible est désormais en marche.

*Journaliste à Golias, Eva Lacoste est titulaire d'une licence de lettres et d'histoire-géographie. Elle écrit principalement sur des sujets de société, les questions internationales liées notamment au néocolonialisme, à l'accaparement des terres et notamment sur l'Amérique latine.

Source de l'article

(1) Autre note sur le même sujet

Hugo Chavez (1954-2013), ancien Président de la République bolivarienne du Venezuela de 1999 à 2013.  Rafael Correa, Président de la République d' Equateur, Evo Morales, Président de l'Etat plurinational de Bolivie et Nicolas Maduro actuel Président de la République bolivarienne du Venezuela.
Hugo Chavez (1954-2013), ancien Président de la République bolivarienne du Venezuela de 1999 à 2013.  Rafael Correa, Président de la République d' Equateur, Evo Morales, Président de l'Etat plurinational de Bolivie et Nicolas Maduro actuel Président de la République bolivarienne du Venezuela.

Hugo Chavez (1954-2013), ancien Président de la République bolivarienne du Venezuela de 1999 à 2013. Rafael Correa, Président de la République d' Equateur, Evo Morales, Président de l'Etat plurinational de Bolivie et Nicolas Maduro actuel Président de la République bolivarienne du Venezuela.

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